La citation du mois :
« Mon père, ce grand enfant que j’ai eu quand j’étais tout petit. »
Alexandre Dumas fils

Naître au Moyen-âge.
Il est bien entendu que naître au Moyen-âge est très différent de ce que nous connaissons aujourd’hui de la venue au monde de nos chers bambins.
L’accouchement a lieu au domicile (cela durera jusqu’au milieu du XXème siècle) sous l’œil affranchi d’une ventrière. Les deux femmes président seules à la naissance. Aucun homme n’est admis dans la chambre de la parturiente, pas même un médecin. La ventrière apaise les douleurs et accélère le travail de la future mère en appliquant sur son ventre un onguent de sa composition.
Lorsque l’enfant paraît, la ventrière coupe le cordon, lave le bébé dans une bassine de métal ou de bois, voire le frotte de pétales de roses pilés et de sel. Puis, elle nettoie son palet et ses gencives avec du miel.
La mise au maillot nous effrayerait tous aujourd’hui. Constatant que les membres de l’enfant sont mous, le monde médical décrète qu’il faut emballer l’enfant dans des langes ou « drapeaux » que l’on croise. Les bras et les jambes du petit sont tendus afin qu’il ne se déforment pas. Pour finir, on lui pose sur la tête un petit chapeau appelé « béguin ».
Des soins d’hygiène sont ensuite apportés à la mère. Son enfant lui est alors présenté avant d’être placé dans un berceau car il est de coutume de le bercer afin qu’il s’endorme mieux.
On le place après cela dans un lieu obscur afin qu’il puisse dormir et ne perde pas la vue. Tout bébé exposé trop longtemps à la lumière du jour peut, en effet, devenir borgne ou aveugle !
La plupart des mères allaitent leur enfant pendant plus d’une année. Dans les milieux aisés, on choisit avec beaucoup d’attention - celle-ci pouvant transmettre par son lait ses défauts comme ses qualités - une nourrice qui remplacera la mère dans son rôle de nourricière.
Très vite, le jour même, ou tout au moins dans les trois jours qui suivent, l’enfant est baptisé. L’Eglise a progressivement accepté d’accorder aux familles un sacrement rapide, très proche de la naissance en raison du fort taux de mortalité infantile qui régnait alors (au début du Moyen-âge, les baptêmes étaient pratiqués à Pâques, à Noël, ou à la Saint-Jean, mais beaucoup d’enfants mourraient avant cela, et les portes du ciel leur restaient fermées à tout jamais). Le bébé est accompagné de ses nombreux parrains et marraines. Nombreux, car seule la mémoire des témoins conserve le souvenir de cet évènement. (Seules les grandes familles prenaient note de la date, et de l’heure de naissance exactes de leur enfant). Les parrains et marraines sont aussi considérés comme les protecteurs de l’enfant. On les multiplie donc en recherchant de hauts personnages qui pourront assumer l’avenir du tout petit en cas de décès prématuré des parents. Cependant, la piété recommande de choisir aussi pour ce rôle, d’une importance capitale, un pauvre.
Lors de la cérémonie, le nouveau-né est déshabillé puis plongé dans le fond baptismal, et entièrement séché avant d’être rhabillé. Cette coutume sera progressivement abandonnée puis remplacée par l’infusion qui consiste à verser de l’eau sur le front de l’enfant, et ce qui évite d’avoir à le dévêtir totalement.
Le nom de l’enfant lui est ensuite donné par ses parrains et marraines. Il le conservera jusqu’à la fin de sa vie. Les plus fréquents, à la fin du Moyen-âge, sont Thomas, Guillaume, ou Jean pour les garçons et Agnès, Elisabeth ou Marguerite pour les filles. Etant donnée la rareté des noms, il est d’usage de leur adjoindre un surnom, permettant de distinguer tous ces enfants. Celui-ci deviendra par la suite notre nom de famille transmis de manière héréditaire.
